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Quelle législation pour la chasse à la glu en 2020 ?

La chasse à la glu est une pratique qui a divisé chasseurs et défenseurs d’animaux depuis de très longues années. La France étant le dernier pays de l’Union européenne à autoriser cette activité, elle fait souvent l’objet de critiques. Depuis quelques mois cependant, de nouvelles mesures sont en passe d’être prises pour l’élaboration d’une législation sur la question de la chasse à la glu.

L’origine de la situation

La chasse à la glu est une activité dont la pratique implique la capture de certaines espèces d’oiseaux comme les grives et les merles noirs. Elle s’opère principalement dans cinq départements du sud-est de la France (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var et Vaucluse). 

Cette chasse consiste à enduire des tiges de colle, puis à y piéger des oiseaux. Ceux-ci seront ensuite utilisés pour attirer d’autres oiseaux ciblés par les chasseurs. La chasse à la glu a finalement été suspendue cette année par le Président de la République. 

Ainsi, elle ne sera pas effectuée pour le compte de la saison de chasse de 2020. L’État attend la décision de la Cour de Justice de l’UE qui a été saisie par le Conseil D’État sur la question de la validité de la chasse à la glu dans l’espace européen. 

La réaction de la Cour de Justice de l’UE

L’avocate générale de la Cour de Justice, Mme Juliane Kokott, s’est prononcée sur la question. Selon elle :

« la chasse aux gluaux peut être considérée comme correspondant à une exploitation judicieuse des espèces d’oiseaux concernées, si les autorités compétentes françaises parviennent raisonnablement à la conclusion que le maintien d’un mode de chasse traditionnel à des fins récréationnelles, répandu au niveau régional, a une importance culturelle ». 

Ainsi, elle estime que la chasse à la glu peut être autorisée si cette pratique est considérée comme étant d’une importance culturelle majeure pour la population. Toutefois, bien que l’avocate se soit exprimée en faveur de la reprise de cette pratique, elle n’a pas oublié d’imposer quelques restrictions et limitations importantes. 

« La chasse doit se limiter au prélèvement de petites quantités des espèces d’oiseaux concernées »,

précisait-elle encore.

L’avocate générale allemande de la CJUE a également ajouté qu’« une surveillance et un contrôle strict » seront nécessaires et qu’une attention particulière devra être attachée au respect des critères de sélectivité. 

Notez tout de même que les juges européens sont libres de prendre en compte ou non l’opinion délivrée par l’avocate générale lorsqu’ils devront rendre leur décision finale. 

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